Pourquoi A voix haute ?

Manifeste

A voix haute
3 min ⋅ 05/05/2025

On aurait vite fait de penser que la littérature jeunesse, c’est une histoire de bibliothécaires. De profs. De professionnel·le·s de l’enfance. De parents aussi et éventuellement de famille si vous avez des neveux et nièces, et que vous aimez lire.

Mais je suis persuadée que la littérature jeunesse, c’est l’affaire de tout le monde.

Déjà, parce qu’on a tous des enfants dans notre entourage. Si vraiment votre famille s’arrête à la génération des millenials, vous avez forcément des ami·e·s qui ont des enfants, des voisin·e·s qui ont des enfants ou des collègues qui ont des enfants. Bref, vous avez compris. Difficile d’y échapper, vous entendrez forcément parler de livres pour enfants un jour et vous aurez peut-être même à en acheter.

Et sans même se rapporter à nos proches, l’idée de ne pas penser cette littérature pour les générations en devenir, ça revient un peu à ne pas penser leurs références, leurs modèles. 

C’est sous-estimer le rôle des livres dans leur construction. Si vous réfléchissez à votre propre cas, je suis certaine que vous trouverez facilement 2 ou 3 ouvrages qui ont profondément marqué votre enfance ou adolescence. C’est le rôle des livres de nous permettre d’ouvrir le champ des possibles, de comprendre qui on est et qui sont les autres.

Alors, en tant qu’adulte, même si on n’est pas directement concerné par les enfants, je trouve que ça mérite que l’on s’y intéresse. Et de réfléchir ensemble à ce à quoi on voudrait qu’elle ressemble cette littérature. 

Pour ma part, je la souhaite plus révélatrice de notre diversité. Mais il y a bien d’autres combats qu’elle pourrait porter pour les générations en croissance. Car ce sont elles que l’on côtoiera dans quelques années dans nos open-space et qui prendront des décisions qui nous impacteront toutes et tous. Dépolitiser les enfants, c’est repousser le problème à plus tard.


S’il y a beaucoup de monde qui ne se sent pas concerné par le sujet, c’est aussi parce que la littérature jeunesse souffre (parfois encore) d’une image de “sous-littérature”. Comme s’il était plus facile d’imaginer et de concevoir un livre pour enfant (versus pour adulte). Comme si cela demandait moins d’effort, moins d’intelligence ou moins de talent. 

Il n’existe quasiment aucun espace dans les médias pour ce(s) type(s) de littérature : allez vérifier vous-même dans la presse, en télé ou en radio. Les médias traditionnels ne s’y intéressent pas et forcément, ça n’aide pas.


Dans cette newsletter, j’aimerais démontrer que la littérature jeunesse est bien plus que ça et mérite bien plus que cette image.

C’est pour ça que j’ai lancé A voix haute. 

Pour poser les questions qui font toute la complexité de cette littérature et qui sont révélatrices de nos rapports aux autres et au monde. 

Tous les quinze jours, je pose tout haut une question qu’on pense souvent tout bas, pour proposer un point de vue sur les livres pour enfants. Faut-il continuer à se fier à l’âge pour choisir un livre ? Doit-on lire les classiques de notre enfance aux plus jeunes ? Faut-il choisir un livre uniquement pour son illustration ?  Peut-on donner un avis aux enfants lors de notre lecture ?

L’occasion de parler d’albums, de romans, de documentaires, de livres audios, de young adult, et de pleins d’autres genres - avec des références et pleins de liens utiles. Avec un point de vue de “grand” sur ce qui entoure les “voix des petits”.


Et à la fin de chaque édition, je vous partage 3 idées de livres jeunesse engagés. “Engagés”, ça peut impliquer : plus de diversité dans les représentations, des histoires non-genrées, des réflexions sur des sujets clés - ça va de l’apprentissage au consentement, à l’environnement, en passant par les injustices sociales. 

Des inspirations de littérature jeunesse engagée, sans se prendre trop au sérieux non plus. 

Qui a dit que la lecture était une chose sérieuse ? L’édition 2025 de l’affiche des éditions jeunesse Thierry Magnier, avec une illustration de Vincent Pianina.Qui a dit que la lecture était une chose sérieuse ? L’édition 2025 de l’affiche des éditions jeunesse Thierry Magnier, avec une illustration de Vincent Pianina.

A voix haute

Par Laura Pironnet

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